Rosh Hashana et le calendrier hébraïque

Rosh Hashana, la « Tête de l’année », est la fête du nouvel an hébraïque.

Elle a lieu pendant 2 jours, les 1er et 2 Tishri, le mois du « Commencement ».

Rosh Hashana débute ainsi le 1er Tishri qui, comme chaque jour du calendrier hébraïque, commence non pas à minuit mais au coucher du soleil, et donc, en France, aux environs de 19 heure ou 20 heure, heure locale, car la date de Rosh Hashana, fixée à partir de celle de la pleine lune proche du solstice d’automne, tombe toujours en septembre ou au début d’octobre…

Le calendrier hébraïque
Le calendrier hébraïque est l’un des calendriers parmi les plus sophistiqués du monde actuel : il essaye de combiner – au mieux – années solaires et mois lunaires et comporte pour cela des années simples de 12 mois et de 353 à 355 jours et des années embolismiques de 13 mois et de 383 à 385 jours, chaque mois ayant soit 29, soit 30 jours…

Normalement, le nouvel an hébreu correspond au jour du molad de Tishsri, c’est à dire le jour de la « nouvelle lune » de ce mois.

Cependant…

…quatres règles, les « dehhias », conduisent à déplacer ou non la date du nouvel an :
- dehhia adu : si le molad de Tishri survient un dimanche, un mercredi ou un vendredi, alors Rosh Hashana est reporté au lendemain ; cette règle permet d’assurer que Yom Kipour (10 Tishri), le « Jour des Expiations » ou du grand pardon, ne tombe ni un vendredi ni un dimanche et que Hoshaâna Rabba (22 Tishri), le jour de la « Grande Délivrance », ne tombe pas un samedi ;
- dehhia gatarad : pour une année simple, si le molad de Tishri survient un mardi à partir de 03:11:20 du matin à Jérusalem, alors Rosh Hashana est reporté au jeudi ; comme vous l’aviez compris, avec cette règle, une année simple ne peut pas faire plus de 355 jours !
- dehhia betutkafot : si le molad de Tishri qui suit une année embolismique survient un lundi à partir de 09:32:43 1/3 à Jérusalem, alors Rosh Hashana est reporté au mardi ; pour ceux qui suivent, cette règle garantit bien sûr que les années embolismiques ne font pas moins de 383 jours…
- dehhia Molad Zaken, la règle de la « lune tardive » qui n’a de sens – forcément ! – que si aucune des trois dehhias précédentes ne s’applique : si le molad de Tishri survient à partir de midi à Jérusalem, alors Rosh Hashana est reporté au prochain jour possible en tenant compte de dehhia adu, évidemment… ; cette contrainte garantit qu’aucun molad de l’année à venir ne surviendra après le crépuscule du jour où il est attendu et donc qu’il ne risque pas d’y avoir pas de mois de 31 jours…

Ouf, nous voici rassurés…

En 2007 de notre calendrier, par application de dehhia gatarad, le nouvel an hébreu a ainsi été reporté du mardi 11 septembre au jeudi suivant et Rosh Hashana a ainsi eu lieu les jeudi 13 et vendredi 14 septembre !… et faît tout à fait exceptionnel a débuté cette année-là en même temps que le Ramadân musulman !

Pour mémoire, le 3 Tishri est un jour de jeûne du matin au soir : c’est le jeûne dit de Guédalia. Mais lorsque le 3 Tishri tombe un samedi (ce qui était le cas en 2007), le jeûne de Guédalia est reporté au dimanche 4 Tishri.

Rosh Hashana couvre en fait plusieurs symboles…

    C’est tout d’abord le jour du Jugement.

Dans la tradition juive, tous les êtres, juifs ou non, sont jugés par le Créateur pendant les deux jours de Rosh Hashana : Dieu décide alors des grandes lignes du destin de chaque homme, selon la façon dont chacun a utilisé son libre arbitre ; mais suivent alors dix jours « terribles », jusqu’à Yom Kipour, au cours desquels le repentir peut influencer ce Jugement…

    Mais c’est aussi le jour du Shofar…

Dans les synagogues, pour proclamer que Dieu est le Roi de l’Univers et le Créateur de règles auxquelles nul ne peut se soustraire, on sonne avec les shofars… Selon l’Ancien Testament, c’est avec ces instruments, fabriqués à partir de longues cornes de béliers, que les Hébreux firent tomber les murailles de Jéricho lors de la conquête du pays de Canaan par Josué. Bref, en gros, les trompettes de la renommée hébraïque…

    Et, enfin, le jour de l’an hébreu !

Anniversaire du début de la création du monde selon la Torah, Rosh Hashana constitue chaque année une étape nouvelle dans la vie de tous et des communautés. L’an 1 après la création du monde a été fixé selon la Torah en – 3761 du calendrier grégorien. Pour obtenir l’année hébraïque, il faut donc ajouter 3761 à l’année grégorienne en cours ! Ainsi en 2008, a débuté l’année 5769 du calendrier hébraïque !

Le nouvel an juif est l’occasion d’un sédèr, repas rituel, empreint de symboles de réussite, de joie et de douceurs pour la nouvelle année ; au cours d’un sédèr traditionnel, différents aliments sont consommés dans un certain ordre : tout d’abord ceux qui proviennent de l’Arbre, puis ceux qui viennent de la Terre et enfin ceux qui proviennent d’ailleurs.

Une bénédiction de circonstance est faite au début de chaque groupe de mets.

Exemple de composition traditionnelle d’un sédèr tunisien

    Les éléments de l’Arbre…

- Grenade : grains de grenades fraîches assaissonnées d’un peu de sucre et de gouttes d’eau de roses.
- Confiture de grenade : sirop de grenade filtré pour en éliminer les pépins puis, raffinement suprême, additionné de pignons grillés remplaçant les pépins auxquels ils ressemblent…
- Figues sèches.
- Confiture de coings : préparée avec la pulpe de coings bouillis préalablement 2 ou 3 minutes à l’eau bouillante.
- Olives vertes : de la dernière cueillette et marinées, elles représentent les nouveautés de la saison, avec éventuellement des grains de raisins frais.
- Dattes : de préférence fraîches de la nouvelle année.
- Rondelles de pommes : tranches de pommes épépinées, crues ou légèrement cuites, trempées dans le miel.

    Les éléments de la Terre…

- Épinard : vert de ses feuilles frit, panné puis miellé.
- Fèves : fèves vertes bouillies.
- Poireaux confits : bûches de blancs de poireaux cuites à l’eau puis confites au sucre.
- Potiron : en tranches d’un demi-centimètre d’épaisseur, frites puis miellées.
- Sésame : grains de sésame légèrement grillés pour accentuer l’arôme ou bien, gâteaux au sésame.

    Les éléments d’ailleurs…

- Tête : morceaux de viande de la tête d’un mouton ou de têtes de gros poissons, cuits en sauce.
- Cœur : morceaux de cœur de mouton ou cœurs de poulets, cuits en sauce.
- Poumons : petits cubes de poumons, de mouton de préférence, cuisinés selon convenance.

Le tout accompagné de :
- Vin doux,
- Coupelles de sucre : ce jour là, on trempe ses petits morceaux de pain dans le sucre et non pas dans du sel.
- Miel dans lequel on trempe les différents éléments du repas ou dégusté seul.
- Pain doux aux raisins secs, en forme de pétales de fleurs.

Miam ! Tout ça donne bien envie d’essayer pour bien entretenir nos poignées d’amour pour les siècles des siècles !

Et pour découvrir quelques recettes de différents pays associées à Rosh Hashana, cliquez ici :D !

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