Bovins : la race Créole Guadeloupe

Couple de Créoles Guadeloupe et leurs veaux nouveaux nés. Le bovin Créole - au premier plan - présente des caractéristiques métisses (zébu – bovin).
Michel Naves, INRA

La femelle, à l’arrière-plan, présente un cornage unicolore en coupe, typique de ses ancêtres Zébu (hips…) ;)

    © INRA / M. Naves.

    Dénomination

Nom français : Créole Guadeloupe.
Nom international : Guadeloupe Creole.
Autres noms : Créole de Guadaloupe.

    Données sur la race

Type : race à viande.
Code type racial : 55.
Origine : les races bovines autochtones des îles des Antilles tirent leurs origines de bovins ibériques amenés par les premiers colons espagnols et portugais ; la race Créole de Guadeloupe n’échappe pas à cette règle mais a été ensuite le résultat de métissages au cours du XVIIIème siècle principalement avec des zébus ou des bovins N’dama amenés d’Afrique de l’Ouest par le « commerce triangulaire ». Enfin, quelques bovins issus de colonies anglaises d’Amérique du Nord, de taurins importés d’Europe et aussi quelques zébus indiens sont venus compléter les racines du cheptel bovin guadeloupéen. Les analyses de marqueurs génétiques faites par l’INRA montrent que les bovins Créole se situent entre les races taurines européennes, notamment ibériques et les races africaines, comme le Zébu ou le N’Dama d’Afrique de l’Ouest
Livre généalogique : non mais un programme d’amélioration génétique est conduit par l’INRA depuis 1995, pour sélectionner les meilleurs reproducteurs de cette race et améliorer durablement son exploitation raisonnée et sa promotion.
Apport d’autres races : la Créole de Guadeloupe est le plus souvent exploitée en race pure dans des exploitations de type familial de petite taille qui pratiquent un mode d’élevage peu intensifié en plein air mais, depuis les années 1970, des élevages plus intensifs se sont développés et, comme les vaches de race Créole de Guadeloupe sont particulièrement propices aux croisements, des fertilisations ont été menées dans les années 1970-1980 avec des races de France métropolitaine : taureaux de race Limousine, Charolaise ou Blonde d’Aquitaine pour améliorer les performances bouchères ou Prim’Holstein pour améliorer les performances laitières.
Diffusion outre France : race présente uniquement en Guadeloupe ; une race ayant des racines « similaires », la Créole de Martinique, est présente en Martinique.
Organisme responsable de la race : UPRA CREOLE EDE, Chambre d’Agriculture de la Guadeloupe, rond-point de Destrellan, 97122 Baie Mahault, Guadeloupe.
Reconnaissance par le Ministère français en charge de l’Agriculture : oui, en tant que race locale (plus de 30% de génitrices dans un seul département).
Considérée par la FAO comme : population primaire.
Maintien et protection : non en danger et non maintenue.

    Répartition et cheptel

Répartition géographique : uniquement en Guadeloupe où elle représente près de 60 % du cheptel bovin.
Adaptation climatique : climats tropicaux chauds et humides.
Cheptel français (données BRG 2005) : de l’ordre de 70.000 dont environ 4.000 reproducteurs et 25.000 reproductrices (70% d’entre elles reproduisant en race pure).

    Morphologie et stature

Aspect général : animal de taille moyenne au squelette fin avec une forme longiligne au profil dorsal droit mais avec une bosse musculo-adipeuse importante entre les épaules et la base du cou ainsi qu’un fanon (chez les bovins, on appelle ainsi le repli de peau qui pend sous le cou) et, pour les mâles, un prépuce très développés, résultats du métissage taurin européen x zébu.
Hauteur au garrot à l’âge adulte : environ 130 cm pour le mâle et 120 cm pour la femelle.
Poids à l’âge adulte : environ 590 kg pour le mâle et 370 kg pour la femelle.

© INRA / M. Naves

    Aspect

Robe : la robe n’est pas un critère déterminant pour la race Créole Guadeloupe ; elle peut être unie, variable, bi ou multicolore, avec des teintes allant du froment très clair ou sable, au brun foncé ou au noir ; elle est cependant le plus souvent unie avec des nuances plus sombres sur le garrot, la croupe, les extrémités et une zone plus claire voire blanche démarrant sur le poitrail et s’étendant plus ou moins loin sur le ventre.
Peau et muqueuses : peau noire, épaisse et à poil ras ; muqueuses sombres.
Tête : fine avec un profil rectiligne ou légèrement convexe, et un front, plus large chez le mâle, surplombant des oreilles horizontales de petite taille, un mufle foncé généralement entouré d’une auréole de poils clairs si l’animal n’est pas de couleur très claire.
Cornes : en lyre ou en coupe basse, dirigées obliquement vers le haut et colorées à la base et à la pointe mais de nuance plus claire en partie médiane.
Membres : fins avec des onglons noirs.
Queue : plantée bas, fine et très longue avec un long toupet terminal allant pratiquement jusqu’au sol.

    Ses qualités

Espèce rustique parfaitement adaptée aux milieux tropicaux, très tolérante à des périodes de disette et ayant de bonnes capacités de vêlage et d’élevage des veaux ce qui permet de valoriser des fourrages de mauvaise qualité avec un bon rendement pour une race rustique de climats tropicaux.
Qualités bouchères : la Créole Guadeloupe exploitée en mode allaitant représente l’essentiel de la production de viande bovine de l’île ; le poids des jeunes taurillons de 18 mois est d’environ 320 kg vec un rendement carcasse de 59%, celui des femelles de 30 mois, 400 kg avec un rendement carcasse de 63%.
Qualités laitières : la production de lait, faible, est réservée pour l’élevage des veaux en mode allaitant et accessoirement pour l’usage familial des éleveurs… sauf pour les élevages de croisements de Créole Guadeloupe avec des Prim’Hostein.
Qualités reproductrices : bonne fertilité et longévité des vaches avec des taux d’avortement et de mortalité des veaux avant sevrage faibles, même avec un élevage mené totalement en extérieur ; la vache créole est très maternelle et protège son veau : cela peut même se traduire par une attitude agressive si elle sent une intrusion !
Autres qualités : excellente adaptation aux milieux tropicaux et aux contraintes thermiques associées et résistance exceptionnelle aux tiques et aux maladies qu’elles transmettent : dermatophilose, cowdriose… La Créole de Guadeloupe tolère de plus une période de sous-alimentation sans diminution de ses performances et la croissance des jeunes bovins, aussi bien en allaitement qu’en engraissement, est importante pour une race rustique de milieu tropical. Par ailleurs, la Créole de Guadeloupe est toujours utilisée pour la traction, le transport, les labours, quoiqu’évidemment bien moins que par le passé, mais également pour les « courses de charrettes ».

    Les courses de charrettes…

Ou concours de bœufs tirants : une discipline créée dans les années 1970 pour sauvegarder la race bovine locale et qui attire aujourd’hui de plus en plus de pratiquants et de spectateurs !

Crédit photographique : AgroParisTech - France UPRA Sélection

« Aujourd’hui, la Guadeloupe compte 17 clubs sur tout le territoire, y compris Marie-Galante. Le calendrier 2004 ne comprend pas moins de 42 compétitions qui attirent de plus en plus de monde, dans une ambiance champêtre et passionnée. Les règles de la discipline sont simples et strictes. Un attelage composé de deux bœufs »… « et d’une charrette remplie d’une charge variant en fonction de la catégorie de la piste et de la météo (1,4 tonne minimun), doit gravir en un minimum de temps la côte (pas moins de 100 m) délimitée à droite et à gauche par des piquets de bois. Mais attention, pour faire avancer les bêtes, le chauffeur qui mène l’équipage n’a droit qu’à douze coups de fouet, assénés comme bon lui semble. Au 13ème coup, la charrette est immobilisée et seule la distance parcourue est prise en compte pour le classement final. Au cours de l’ascension de la piste, si l’un des bœufs touche un poteau, le chauffeur doit descendre à terre, se saisir d’une masse, taper deux coups sur le poteau. Si ce dernier casse, le chauffeur doit le remplacer : une pénalité de temps fort préjudiciable au classement final évidemment ! Tout l’art du chauffeur consiste à faire avancer ses bœufs, à les motiver… sans les invectiver, c’est l’une des règles de la discipline ! À chaque avancée de l’équipage, pour que la charrette ne recule pas, les roues sont bloquées à l’aide de pierres déposées par les deux corers (membre de l’équipage chargé de bloquer les roues de la charrette pour éviter qu’elle ne reparte en arrière). Le chauffeur ne peut être changé en cours de route, sauf en cas de blessure. C’est alors l’un des deux corers qui prend sa place. À l’issue de la manifestation, le gagnant est, bien entendu, celui qui a gravi la côte le plus rapidement en assénant le moins de coups de fouet. »
Sophie Vermande, « Destination Guadeloupe », n°15, Juin Juillet Août 2004

    Pour en savoir plus…

- La page sur la race Créole Guadeloupe bien documentée de l’INRA,
- La page sur la race Créole Guadeloupe de l’Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement,
- La page de données sur la race Créole Guadeloupe du Bureau de Recherches Génétiques, organisme gouvernemental français.

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Une réponse à “Bovins : la race Créole Guadeloupe”

  1. bonjour et ravi de faire votre connaissance avec le plus grand plaisir que j’ai sur terre . je vous contacte pour obtenir plus informations dans le domaine de l’èlevage.merci

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