Curiosités de la D619, de Nangis à Provins, en Seine-et-Marne…

Ces temps-ci, je fais souvent le trajet Nangis-Provins aller-retour par la D619.

Sur cette route, l’ancienne nationale N 19, ex route impériale 22 au temps de Napoléon Ier, qui allait du quai d’Ivry à Paris jusqu’à Bâle, il y a une chose étrange…

Sur la gauche de la route en allant de Nangis à Provins, il y a d’anciennes bornes juste après le fossé. On peut en voir 8, numérotées de 33 à 41 :
- borne 33,
- borne 34,
- borne 35,
- borne 36,
- borne 37,
- borne 38,
- borne 39,
- borne 40,
- borne 41.

Mais, chose étrange, si ces bornes sont numérotées de 1 en 1 de 33 à 41, elles sont placées tous les 2 km soit sur 16 km de distance et non 8 !

Comment cela se fait-il ?

Apparemment, ces bornes en grès « fleur-de-lysées » (effectivement, dans les petites niches creusées dans les bornes, il y a une fleur de lys sculptée) datent du XVIIème siècle et ont été classées au titre des monuments historiques en 1964.

Il semble qu’au XVIIème siècle, on utilisait parfois une unité de mesure appelée « lieue kilométrique » qui valait exactement 4 km. Peut-être que ces bornes avaient été placées toutes les 1/2 lieues kilométriques ?

Chose amusante : du parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris à la borne 33 de la D 619 après Nangis, à pied, il y a 64.2 km par le chemin le plus court par route, la D 619 actuelle qui passe par Ivry-sur-Seine ! Si cette route de Paris à Bâle commençait sur le parvis de Notre-Dame de Paris, ça faisait pile poil 64 km de la borne 1 à la borne 33 !

Il faudra que j’aille voir s’il n’y a pas d’anciennes bornes sur cette D 619 avant Nangis et après Provins !

En outre, entre les bornes 35 et 36 , on peut voir une stèle au capitaine Carmines du 5ème génie de Versailles, aviateur mort en service commandé à cet endroit, le 2 septembre 1911.

Ce jour-là, le capitaine Victor Alexandre Camines, né le 21 juillet 1879 à Aix-les-Bains qui avait obtenu le brevet de pilote de l’aéroclub de France n° 417 le 3 mars 1911 puis le brevet de pilote militaire n° 35 le 19 août 1911, décolle de Buc avec son monoplan REP 1, pour se rendre à Vesoul pour participer à des manœuvres. Le REP 1 est un monoplan à structure métallique entoilée et vernie, équipé d’un moteur en étoile testé pour la 1ère fois en 1907 par Robert Esnault-Pelterie. Le REP 1 est le 1er monoplan qui réussit à voler et le premier avion construit à partir d’une armature métallique.

Alors que le capitaine Carmines survole le hameau de La Folie près de Vanvillé en Seine-et-Marne, à environ 60 mètres d’altitude, l’aile gauche de son monoplan se détache et l’avion s’écrase dans le fossé de la D 619 (la N 19 de l’époque) : Victor Alexandre Camines est tué sur le coup.

Un an plus tard est inauguré à l’endroit de la catastrophe cette stèle en sa mémoire. La foule immense qu’on voit sur les cartes postales réalisées à cette occasion témoigne de l’importance de cette commémoration.

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