Aujourd’hui, 31 mai, sainte Pétronille !

Et pour fêter çà, une chanson interprétée en 1906 par Dranem sur des paroles de Eugène Joullot et Félix Mortreuil et une musique de Charles Borel-Clerc (et non pas sur des paroles de Jean-Louis Chautard et Gérard Grandjean sur une musique de Pierre Bénichou et Marie Grospierre comme Misère, interprétée en 1972 par Michel Colucci…).

« Pétronille tu sens la menthe », sur des paroles de Eugène Joullot et Félix Mortreuil et une musique de Charles Borel-Clerc, grand succès de la musique française, a été reprise en 1972 par les Charlots, à la plus grande joie du public français que malheureusement, les moins de 50 ans n’ont pas connue… Quelle misère ! Alors pour combler cette lacune, voici la version de « Pétronille, tu sens la menthe » interprétée par Les Charlots en 1972, sur des paroles de Eugène Joullot et Félix Mortreuil et une musique de Charles Borel-Clerc :

D’chez l’coiffeur sortant l’autre semaine
Où je m’étais fait raser le menton
Dans la rue je rencontre une ancienne
Qui m’embrasse et me dit tu sens bon
Moi très flatté du compliment
Je lui réponds fort galamment

Pétronille tu sens la menthe
Tu sens la pastille de menthe
Tu sens la menthe pastillée
Entortillée dans du papier

Papier papier papier mâché

Le soir même de mon hyménée
Quand l’cérémonial fut fini
Ma femm’ me dit très emballée
Une heure avant de se mettre au lit
Je sens que j’t'adore mon gros chéri
C’est pas ça qu’ tu sens que j’y dis

Pétronille tu sens la menthe
Tu sens la pastille de menthe
Tu sens la menthe pastillée
Entortillée dans du papier

Papier papier papier vergé

Sous le balcon de son idole
Guitare en mains plume au chapeau
Plein d’une insouciance folle
Soupirait le beau Roméo
Le tendre amant qui s’emballait
Comme une baleine lui gueulait

Pétronille tu sens la menthe
Tu sens la pastille de menthe
Tu sens la menthe pastillée
Entortillée dans du papier

Papier papier papier graissé

Ce matin j’rencontre ma cousine
Elle avait un air tout changé
Je lui dis tu n’as pas bonne mine
Elle me répond je viens de me purger
Je dois sentir les pois d’senteur
Non j’lui réplique mon joli coeur

Pétronille tu sens la menthe
Tu sens la pastille de menthe
Tu sens la menthe pastillée
Entortillée dans du papier

Papier papier papier percé

J’en profite pour vous rappeler que sainte Pétronille de Rome ou Aurelia Petronilla († Ier siècle) est très probablement la fille de Simon de Bethsaïde (° environ 10 avant JC-† entre 64 et 67), futur saint Pierre , et de la future sainte Perpétue, et donc née probablement à Capharnaüm au nord de la mer de Galilée (le lac de Tibériade) où Pierre est pêcheur lorsque Jésus vient lui dire qu’il est Šimʻōn Kêfâ, Simon Pierre, de son église sur terre *. Certains disent que la future Pétronille (car elle ne s’appelait pas ainsi à sa naissance mais reçut ce nom à son baptême) n’était pas réellement la fille de saint Pierre mais uniquement sa fille spirituelle car Pierre l’avait baptisée à Rome… Et pourtant, l’évangile selon saint Marc confirme que, lorsque Jésus rencontre Simon, celui-ci est marié (Marc 1:29-31) : « Ils ** quittèrent la synagogue et allèrent dans la maison de Simon et André avec Jacques et Jean. La belle-mère de Simon était au lit parce qu’elle avait de la fièvre et, dès que Jésus arriva, on lui parla d’elle. Il s’approcha d’elle, lui prit la main et la fit lever. La fièvre la quitta et elle se mit à les servir. ».

Lorsque le chemin de Simon-Pierre croise celui de Jésus, Simon a plus de 40 ans et il est donc raisonnable de penser qu’en bon Juif pratiquant, il a un voire plusieurs enfants ! Ce n’est qu’après avoir été embauché par Jésus que Pierre quitte son métier, sa famille et pratique la continence sexuelle, comme les autres apôtres…

C’est probablement vers 55 que Pétronille et sa mère Perpétue rejoignent Simon-Pierre à Rome, après son emprisonnement à Jérusalem dont il s’évade miraculeusement pour se réfugier à Antioche avant de se rendre à Rome qu’il fuit pour échapper à la persécution de Néron, avant de revenir à Jérusalem où, de nouveau emprisonné, il réussit de nouveau à s’échapper miraculeusement pour revenir à Rome. Il semble que ce soit là et à ce moment que Pierre baptise sa fille et son épouse. Selon saint Marcel d’Alexandrie, Perpétue subit le martyr à Rome, avant Pierre.

En tous cas, fille ou pas de Simon-Pierre, Pétronille est paraît-il, d’une beauté extraordinaire mais souffre fréquemment de fièvre et de paralysie. Un jour que des disciples de saint Pierre sont chez lui, l’un d’eux, Tite, lui dit : « Vous qui guérissez les infirmes, pourquoi laissez-vous Pétronille souffrante ? ». Pierre lui répond que cela vaut mieux pour elle car cela purifie son âme, ce qui lui est plus avantageux que sa santé. Mais, pour montrer qu’il lui est possible de la guérir, il lui dit: « Lève-toi Pétronille et sers-nous. » et elle se lève et les sert. Quand elle a fini, Pierre lui dit : « Pétronille, retourne à ton lit. ». Elle se recouche et la fièvre et la paralysie la reprenne…

Plus tard, Pétronille atteint la perfection dans l’amour de Dieu et Pierre la guérit définitivement. Un patricien de Rome, Flaccus, lui propose de devenir son épouse. Mais Pétronille a décidé depuis longtemps de consacrer sa virginité au Christ et lui répond : « Laisse-moi 3 jours pour réfléchir. ». Elle se consacre alors totalement au jeûne et à la prière et, le 3ème jour, un 31 mai, fait venir le futur saint Nicodème qui lui donne l’eucharistie ; elle rend son âme à Dieu et Nicodème la fait inhumer dans une catacombe de la via Ardeatina (dite de Domitilla). Vers 390, le pape Sirice (° vers 320–† 399) fait construire une basilique souterraine qu’il lui dédicace, pour mettre le sarcophage de Pétronille à l’abri.

Apprenant la mort de Pétronille, Flaccus, frustré et irrité, a les boules et s’adresse à la future sainte Félicula , une proche de Pétronille, également très belle, et lui ordonne soit de l’épouser soit de sacrifier aux idoles. Félicula refuse et Flaccus la dénonce au préfet qui la fait jeter en prison sans manger ni boire pendant 7 jours puis la fait torturer à mort sur le chevalet et fait jeter son corps dans les égouts. Nicodème l’en retire et lui donne une sépulture décente mais le préfet l’apprend et fait comparaître Nicodème qui refuse à son tour de sacrifier aux idoles : il est fouetté à mort avec des cordes plombées et son corps est jeté dans le Tibre. Juste, son clerc, récupère sa dépouille et l’ensevelit avec honneur.

Sainte Pétronille et sa basilique de la via Ardeatina tombent dans l’oubli et ce n’est que longtemps plus tard qu’on y redécouvre une inscription « PETRONELLE MART. » indiquant l’emplacement d’un sarcophage derrière l’abside. Le pape Grégoire III († 741) y fait établir une des 14 stations de la Passion qu’il crée comme chemin de croix entre les basiliques les plus importantes de Rome.

En 754, le pape Étienne II († 757) donne le titre de « Fils aînés de l’Église » aux rois de France pour remercier Pépin le Bref (° 715-† 768), roi des Francs, de lui avoir apporté protection et d’avoir conclu une alliance avec la papauté pour créer les états pontificaux. Pépin le Bref décide alors que sainte Pétronille, fille de Pierre, le premier « pape », dont on a retrouvé la dépouille sera la sainte patronne des rois de France. En signe de reconnaissance, Paul I (° vers 700-† 767), frère et successeur d’Étienne II, fait transférer la dépouille de Pétronille dans la basilique Saint-Pierre de Rome où elle est placée dans un tombeau de marbre où est inscrit « à la très douce vierge Aurée Pétronille ». Le tombeau de Pétronille sera déplacée ensuite à plusieurs reprises dans la basilique jusqu’à ce que les reliques soient placées en 1606 dans une nouvelle chapelle spécifique consacrée à sainte Pétronille où l’essentiel de ses reliques se trouvent toujours aujourd’hui.

Les religieuses de La Villette (abbaye de Compiègne de 1412 à 1792), regroupées dans le couvent Sainte-Périne, rue de Bassano, à Chaillot, avec le couvent Sainte-Geneviève, à Nanterre (de 1470 à 1788), possédaient une partie de ces reliques de sainte Pétronille ce qui leur valut leur surnom de « sœurs de Sainte-Perrine ». Les religieuses de La Barre, près de Château-Thierry, possédaient également un morceau du crâne de sainte Pétronille que leur avait été donné par Jeanne (° 1273-† 1305), femme du roi Philippe le Bel (° 1268–† 1314)…

Plusieurs dictons du jour sont dédiés à Pétronille, sainte patronne des rois de France, invoquée pour faire venir la pluie :
- « À Sainte-Pétronille, pas de haie sans chenille. »,
- « Pluie de Sainte-Pétronille change raisins en grappilles. »
- et pour terminer : « Quand mouille Pétronille, sa jupe au long du jour, elle est quarante jours à sécher ses guenilles. », c’est-à-dire que si il pleut sans interruption chez vous un 31 mai, il va continuer à pleuvoir sans interruption jusqu’au 10 juillet :D ! N’oubliez pas de renouveler votre stock de parapluies, de suroîts et de cirés !

* C’est un jeu de mot de Jésus : en effet, en cananéen, langue parlée alors à l’ouest du Jourdain et donc à Capharnaüm, simʻōn désigne celui qui est exaucé et kêfâ veut dire pierre ; donc, quand Jésus dit à Simon « tu es Šimʻōn Kêfâ et sur toi je bâtirai mon église » ça se traduit par « tu es celui qui est exaucé, Pierre, et sur toi je bâtirai mon église »… Une fondation solide, non ? Heureusement que les cananéens n’avaient pas de mot pour désigner le mélange sable, graviers et ciment utilisé par les Romains pour ériger leurs futurs vestiges, sinon le premier pape se serait appelé Béton !

** Ils : Jésus, Simon et son frère André, Jacques (dit le Majeur) et son frère Jean, le futur évangéliste.

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